24.11.2008
[Cinéma] Mesrine 2, l'Ennemi Public numéro 1
Cet épisode décrit les années 1973 à 1979 de la vie française de Jacques Mesrine, de la Prison de la Santé à sa fin, Porte de Clignancourt, le 2 Novembre 1979.
Autant, dans le premier opus, Vincent Cassel incarnait un personnage oscillant entre le Don Quichotte romantique et le révolutionnaire impulsif, autant, dans ce de deuxième épisode, on sent Jacques Mesrine sombrer au fur et à mesure dans le délire paranoïaque, dans un égo surdimensionné, dans une obsession de vouloir laisser une marque indélébile dans l'histoire.Le 20 Octobre 2008, Michel Ardouin, interprété par Samuel Le Bihan, gangster parisien qui a travaillé aux côtés de Jacques Mesrine dans les annes 1970, expliquait à 20 Minutes que le truand était en réalité quelqu'un d'arrogant, d'obsédé par son image et son égo.
"L'Ennemi public numéro 1" retrace ici l'isolement croissant de Jacques Mesrine. D'un gangster marginal révolté, Jacques Mesrine devient au fur et à mesure un révolutionnaire antipathique, violent, idéologue, en quête perpétuelle des limites de son destin.
Dans le premier épisode, le réalisateur Jean-François Richet affichait presque une relative bienveillance vis-à-vis du truand. Dans ce second opus, la violence de Jacques Mesrine et la tentatibe d'assassinat du journaliste de Minutes Jacques Tillier met un terme à la notion ambigüe de héros.
Dans cette scène finale, on voit transparaître toute la démesure non contenue du personnage de Jacques Mesrine. Le réalisme de cette scène de lynchage, la violence des coups, et l'horreur des cris de Jacques Tillier signent le désaccord fondamental que Jean-François Richet porte à la marginalité de Jacques Mesrine. Effusions de sang, bruits d'os qui craquent, hurlements de douleurs, le decorum volontaire de la violence idéologue déplace le Jacques Mesrine, qui pourrait passer pour un sympathique Arsène Lupin impertinent, dans le rôle d'un tueur dépassé par une haine profonde pour la société qui l'entoure.
J'ai personnellement souhaité ne pas détourner le regard devant la très longue minute de cette scène d'une rare violence. Autour de moi, mes voisins de salle de cinéma étaient héberlués, marqués, blèmes, devant cette démonstration de haine dénuée de raison.
Les dix dernières minutes du film décrivent le 2 Novembre 1979, déjà annoncé en introduction du premier opus. Dans une ambiance tendue, elles se déroulent comme une lente intemporalité, présentant en temps réel, les dernières minutes de Jacques Mesrine.
Dans "L'ennemi public numéro 1", Jean-François Richet se présente alors en avocat général, en décrivant la perpétuelle fuite en avant de Jacques Mesrine, un révolté contre l'Etat, qui souhaite vivre et mourir en héros.
Les excès de Jacques Mesrine, la violence de sa vie et de sa mort, transporte le spectateur dans une réflexion sur la relation de l'homme avec sa société, le besoin de révolte mais aussi celui de conformisme social.
Un film passionnant propice à de riches introspections.
Versay
16:30 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Commentaires
Personnellement, je n'ai pas pu regarder la scène en question : bien trop dure et réaliste (je crois cependant que le journaliste ne meurt pas). C'est encore un film très fort, qui laisse quand même je crois une certaine ambiguïté planer quant au regard de Richet : Mesrine est un mégalomane violent, mais quand même un héros et à la fin, clairement une victime
Ecrit par : Ys | 24.11.2008
Bonjour,
Merci de votre commentaire.
Effectivement, le journaliste de Minutes ne meurt pas. Il faut que je corrige.
En revanche, je ne suis pas d'accord sur la dimension héroïque de Jacques Mesrine. La radicalité de Mesrine l'enferme dans une marginalité révolutionnaire, une posture anti-système intenable.
Jacques Mesrine est obsédé par sa gloire dans l'histoire, plus que par la pensée politique qu'il entend véhiculer.
Son égocentrisme finit par mettre fin à sa stature ambigüe de héros tragique.
Ecrit par : V. | 25.11.2008
Monsieur TILLIER n'est pas mort, c'est mon patron...
Ecrit par : RW | 02.12.2008
MESRINE LE PLUS GRAND GANGSTER DE TOUS LES TEMPS. GLOIRE A MESRINE!!
Ecrit par : tonio91 | 30.01.2009
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