01.12.2008
[Cinéma] "Les enfants de Don Quichotte" dans les Yvelines
Ce mercredi, j'ai été avec des amis et Benjamin, animateur du blog citoyen de St Cyr l'Ecole dans les Yvelines, au Cinéma les Yeux d'Elsa pour assister à la projection d'un film réalisé par les Enfants de Don Quichotte.
Les Yeux d'Elsa est un cinéma de proximité, discret, intime, qui contraste avec les usines de projection comme Gaumont ou MK2. Ca change, et ce n'est pas forcément fait pour déplaire !
Le film d'une heure 20 présente avec simplicité l'action des Enfants de Don Quichotte, animés depuis 2006 par Augustin et Jean-Baptiste Legrand.

En Novembre 2006, les deux frères ont décidé de lancer une grande opération afin de dynamiser l'action de l'état pour les sans domicile fixe. Leur opération s'est concrétisée autour de l'occupation du Canal St Martin par des tentes de sans domicile fixe et de la sensibilisation de la sphère médiatique.
Le film documentaire présente ici le quotidien des sans domicile fixe. Des gens extrêmement simples, touchants, courageux. A travers le site internet des Enfants de Don Quichotte, comme à travers le film, SDF ne reste plus un acronyme abstrait mais il prend une réalité physique.
Le film fait prendre conscience de l'humanité de toutes ces personnes, abandonnées - voire rejetées - par une société anonyme.
Pendant le débat qui a suivi le film, Jean-Baptiste Legrand précise qu'il est normal que les gens aient une réaction de rejet quand ils croisent un sans domicile fixe. Peur de ce que l'on ne connaît pas, peur irrationnelle, beaucoup de choses expliquent que l'on détourne le regard de ce qui nous angoisse.

Le film des Enfants de Don Quichotte, réalisé caméra au poing, aux prises de son directes et sans décorum musical, a le mérite de présenter de manière sobre l'humanité des sans domicile fixe, des gens comme vous et moi.
On se rend compte de la difficulté du combat médiatique des frères Legrand, de la passion qui les pousse dans cette cause.
La simplicité du film, la sincérité de l'action, le combat contre l'hypocrisie du discours politique, mettent en lumière une passion pour l'humain.
La Nuit solidaire pour les mal logés , Place de la République en février 2008, montrera un peu plus tard que le combat contre l'exclusion reste toujours d'actualité.
Vous pouvez consulter d'autres commentaires, comme celui de Mélanie Carpentier sur Evene.fr, pour poursuivre la réflexion sur le film.
Versay
15:34 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
24.11.2008
[Cinéma] Mesrine 2, l'Ennemi Public numéro 1
Cet épisode décrit les années 1973 à 1979 de la vie française de Jacques Mesrine, de la Prison de la Santé à sa fin, Porte de Clignancourt, le 2 Novembre 1979.
Autant, dans le premier opus, Vincent Cassel incarnait un personnage oscillant entre le Don Quichotte romantique et le révolutionnaire impulsif, autant, dans ce de deuxième épisode, on sent Jacques Mesrine sombrer au fur et à mesure dans le délire paranoïaque, dans un égo surdimensionné, dans une obsession de vouloir laisser une marque indélébile dans l'histoire.Le 20 Octobre 2008, Michel Ardouin, interprété par Samuel Le Bihan, gangster parisien qui a travaillé aux côtés de Jacques Mesrine dans les annes 1970, expliquait à 20 Minutes que le truand était en réalité quelqu'un d'arrogant, d'obsédé par son image et son égo.
"L'Ennemi public numéro 1" retrace ici l'isolement croissant de Jacques Mesrine. D'un gangster marginal révolté, Jacques Mesrine devient au fur et à mesure un révolutionnaire antipathique, violent, idéologue, en quête perpétuelle des limites de son destin.
Dans le premier épisode, le réalisateur Jean-François Richet affichait presque une relative bienveillance vis-à-vis du truand. Dans ce second opus, la violence de Jacques Mesrine et la tentatibe d'assassinat du journaliste de Minutes Jacques Tillier met un terme à la notion ambigüe de héros.
Dans cette scène finale, on voit transparaître toute la démesure non contenue du personnage de Jacques Mesrine. Le réalisme de cette scène de lynchage, la violence des coups, et l'horreur des cris de Jacques Tillier signent le désaccord fondamental que Jean-François Richet porte à la marginalité de Jacques Mesrine. Effusions de sang, bruits d'os qui craquent, hurlements de douleurs, le decorum volontaire de la violence idéologue déplace le Jacques Mesrine, qui pourrait passer pour un sympathique Arsène Lupin impertinent, dans le rôle d'un tueur dépassé par une haine profonde pour la société qui l'entoure.
J'ai personnellement souhaité ne pas détourner le regard devant la très longue minute de cette scène d'une rare violence. Autour de moi, mes voisins de salle de cinéma étaient héberlués, marqués, blèmes, devant cette démonstration de haine dénuée de raison.
Les dix dernières minutes du film décrivent le 2 Novembre 1979, déjà annoncé en introduction du premier opus. Dans une ambiance tendue, elles se déroulent comme une lente intemporalité, présentant en temps réel, les dernières minutes de Jacques Mesrine.
Dans "L'ennemi public numéro 1", Jean-François Richet se présente alors en avocat général, en décrivant la perpétuelle fuite en avant de Jacques Mesrine, un révolté contre l'Etat, qui souhaite vivre et mourir en héros.
Les excès de Jacques Mesrine, la violence de sa vie et de sa mort, transporte le spectateur dans une réflexion sur la relation de l'homme avec sa société, le besoin de révolte mais aussi celui de conformisme social.
Un film passionnant propice à de riches introspections.
Versay
16:30 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
07.11.2008
[Cinéma] Mesrine, l'instinct de mort
Il y a quelques jours, je suis allé voir à Alésia le premier opus de Mesrine, l'Instinct de mort .
Le film relate la jeunesse de Jacques Mesrine, celui qui fut désigné "Ennemi public numéro un" par la presse.
Bon, très bon film même, oserais-je dire.
Le film démarre par la fin de la vie de Jacques Mesrine, le jour où il a été abattu de 21 balles par la police parisienne en 1979.
Jacques Mesrine disait d'ailleurs à un journaliste, à l'époque, que sa vie se terminerait comme cela.

Le réalisateur Jean-François Richet ne prend aucun parti pris dans ce premier épisode, en affichant une relative neutralité par rapport au personnage de Jacques Mesrine, brillamment interprété par Vincent Cassel .
On se rend compte que Jacques Mesrine, obsédé par une Guerre d'Algérie qui l'a blessé, est un personnage qui improvise constamment, sans avoir de plan précis à l'esprit. Des petites frappes des années 1960, il entre progressivement dans les bandes organisées pour aborder le grand banditisme dans les années 1970 et devenir celui que l'on appellera "l'ennemi public numéro un".
Le film retrace le kaléidoscope mental d'un personnage "paumé", marginal, en constante contradiction avec le monde qui l'entoure. Du héros romantique au truand des petites alcôves, Jacques Mesrine semble un personnage extrêmement complexe, instantané, brillant et poétique parfois, inconstant et impulsif toujours.
Des braquages de banques, aux rançonnages de millionnaires en passant par des évasions rocambolesques dignes des westerns, Jacques Mesrine fascine par son obsession du refus de la société qui l'entoure.

Héros tragique pour certains, dangeureux truand pour les autres, il est certainement pleinement des deux. Ce qui le rend d'autant plus troublant et polémique.
Un film drôle, fascinant, tragique. Une belle comédie humaine dans le corps du personnage de Jacques Mesrine.
Nul doute que le film alimentera vos conversations de fins de soirées ! ;o)
Versay
14:02 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note